
Les protozoaires sont des organismes unicellulaires qui affectent fréquemment le système digestif des chiens et des chats, en particulier chez les animaux jeunes, récemment adoptés ou provenant d’environnements peuplés tels que les élevages ou les refuges. Selon une étude récente, en Europe, la prévalence publiée de Giardia chez les chiens et les chats peut varier considérablement selon le pays, la population et la méthode de diagnostic : de 0,4 % à 55,2 % chez les chiens et de 1,23 % à 23,08 % chez les chats. Contrairement aux helminthes, ces parasites ne sont pas visibles à l’œil nu et beaucoup peuvent rester à l’état kystique pendant des semaines dans l’environnement ou dans l’eau, attendant d’être ingérés pour se réactiver. Leur capacité à provoquer une diarrhée persistante ou intermittente, une malabsorption et une perte de poids en fait une menace silencieuse pour le bien-être de l’animal. De plus, certains protozoaires sont zoonotiques, ce qui représente un risque direct pour les personnes, en particulier les enfants ou les personnes immunodéprimées. Un dépistage précoce et un traitement approprié sont essentiels, car ces parasites peuvent passer inaperçus pendant des mois tout en endommageant le microbiote intestinal et en affaiblissant le système immunitaire. C’est pourquoi il est si important de ne pas normaliser la diarrhée chronique ou récurrente chez l’animal et de toujours demander une évaluation vétérinaire si les selles molles persistent pendant plus de quelques jours ou réapparaissent fréquemment. À titre de référence pratique, une méta-analyse européenne classique a estimé la prévalence groupée chez les animaux symptomatiques à environ 15,2 % chez les chiens et 12 % chez les chats, rappelant à quel point elle peut être fréquente en cas de diarrhée.
Giardia duodenalis, également connu sous le nom de Giardia intestinalis ou Giardia lamblia, est un protozoaire flagellé qui adhère à la muqueuse de l’intestin grêle, altérant l’absorption des nutriments et provoquant une diarrhée intermittente, des selles molles, pâteuses ou brillantes, un excès de gaz et une odeur caractéristique. Il touche particulièrement les chiots et les animaux stressés, ou ceux qui ont récemment changé de foyer ou d’alimentation. Dans les études de terrain, la positivité peut être particulièrement élevée dans certaines populations : par exemple, dans une étude menée en Espagne sur des chiens et des chats échantillonnés, Giardia était le protozoaire le plus fréquent chez les chiens (40,9 %).
Une étude européenne menée sur des chiens dans des parcs a révélé un taux de positivité de 22,8 % pour les parasites intestinaux ; Giardia était le plus fréquent (17,3 %). En outre, 83,5 % des parcs échantillonnés ont montré la présence de Giardia dans l’environnement, rappelant que le risque ne se « sent » pas toujours et n’est pas toujours visible.
Giardia a deux formes dans son cycle de vie : le trophozoïte, qui adhère à l’intestin et provoque des dommages cliniques, et le kyste, qui est éliminé dans l’environnement et est très résistant à l’humidité et aux variations de température. Ces kystes survivent pendant des semaines dans les flaques d’eau, les fontaines, les abreuvoirs extérieurs et les sols humides, perpétuant ainsi le cycle de contagion. Selon la fiche d’information de l’ESCCAP sur Giardia, les kystes sont « immédiatement infectieux » après leur élimination et « quelques kystes seulement » peuvent provoquer une infection, ce qui explique pourquoi les épidémies peuvent être si persistantes dans les foyers comptant plusieurs animaux de compagnie ou dans les environnements communautaires.
Un chien peut être infecté simplement en léchant le sol, en buvant de l’eau contaminée ou en se léchant après avoir marché dans des excréments contaminés.
Bien que de nombreux chiens puissent être infestés sans présenter de symptômes apparents, ils continuent d’éliminer des kystes et peuvent contaminer d’autres animaux et des personnes. Le diagnostic peut nécessiter des tests répétés, car l’élimination des kystes peut être intermittente. Le traitement doit combiner des antiparasitaires spécifiques avec une hygiène rigoureuse de l’environnement, des bains réguliers pour éliminer les kystes du pelage et des mesures de désinfection dans la maison. Il est recommandé de nettoyer les sols avec des désinfectants appropriés, de réduire au maximum l’humidité dans les zones intérieures et de laver fréquemment les couvertures et les lits de l’animal. Une recommandation pratique très concrète est de laver les textiles/ustensiles à 60 °C ou plus, comme le souligne l’ESCCAP, car le contrôle environnemental est le grand « talon d’Achille » de Giardia. Chez Eurovet, nous insistons sur le fait que si un animal suspecté d’être atteint de Giardia cohabite avec d’autres, il faut examiner tous les membres du groupe avant de considérer le problème comme résolu. Pendant le traitement, il est recommandé d’utiliser des laisses courtes lors des promenades et d’éviter l’accès aux flaques d’eau, aux fossés ou aux abreuvoirs communs.
Les coccidies appartiennent au genre Cystoisospora chez les chiens et les chats et sont particulièrement répandues dans les environnements à forte densité animale, tels que les refuges et les élevages. Elles se reproduisent à l’intérieur des cellules intestinales, détruisant l’épithélium intestinal au fur et à mesure de leur cycle. Cette destruction cellulaire provoque une entérite intense, accompagnée d’une diarrhée qui peut être abondante, aqueuse ou même hémorragique dans les cas les plus graves. Chez les chiens, les enquêtes publiées montrent des fourchettes larges : le CAPC résume la présence de coccidies de « 3 % à 38 % » dans différentes séries nord-américaines, ce qui illustre à quel point l’âge et le type de population (foyer vs élevage/refuge) modifient considérablement le risque.
Les chiots sont les principales victimes, car leur système immunitaire n’est pas encore capable de contrôler la multiplication rapide des coccidies. Si la diarrhée est prolongée, elle peut entraîner une déshydratation, une perte de poids accélérée et un retard de croissance, des situations qui peuvent sérieusement compromettre leur survie si l’on n’agit pas rapidement. Souvent, les animaux présentent également un malaise général et des difficultés à maintenir un bon état corporel même s’ils mangent normalement, car l’intestin est incapable d’absorber correctement les nutriments.
Ce n’est pas un hasard si de nombreux chiens et chats développent une diarrhée quelques jours après leur arrivée dans leur nouveau foyer après une adoption. Le stress du changement peut « réveiller » une infection par les coccidies qui était contenue. C’est pourquoi, dans les refuges et les élevages, la coccidiose est connue comme la maladie qui attend le moment opportun, apparaissant lorsque les défenses immunitaires sont affaiblies.
Les oocystes de coccidies sont éliminés avec les selles et deviennent infectieux après une brève période dans l’environnement, ce qui facilite la réinfection dans les zones où de nombreux animaux sont regroupés. L’hygiène de l’environnement est cruciale pour contrôler la maladie : enlèvement fréquent des excréments, désinfection avec des produits efficaces et prévention de l’accumulation d’humidité. Le traitement, bien que généralement efficace, doit être complété par un soutien nutritionnel et une hydratation. Chez les chiots, il est particulièrement important de leur fournir de l’eau fraîche et propre à tout moment et de suivre les recommandations alimentaires du vétérinaire (régimes faciles à digérer, fractionnement des repas, etc.). L’engagement d’Eurovet envers les jeunes animaux nous pousse à prendre très au sérieux toute diarrhée récurrente chez les chiots, car elle peut être le signe d’une coccidiose. Pour chiffrer cette « réalité des refuges/collectivités » : dans une étude menée sur des chiens de chenils publics, Cystoisospora est apparu chez 20 % des jeunes (< 1 an) contre 4,9 % chez les adultes.
Toxoplasma gondii est l’un des parasites zoonotiques les plus connus et est principalement associé au chat, qui agit comme hôte définitif. La plupart des chats infectés ne présentent aucun symptôme et n’éliminent des oocystes que pendant une courte période de leur vie. Ces oocystes peuvent survivre pendant des mois dans l’environnement et contaminer la terre, les jardins et les bacs à sable. D’autres animaux (y compris les humains) peuvent être infectés en ingérant des aliments ou de la terre contaminés, ou de la viande crue contenant des kystes tissulaires. Aux États-Unis (NHANES 2011-2014), 5,1 % des participants avaient des anticorps contre Toxocara, ce qui représente plus de 12 millions de personnes exposées. Cela permet de quantifier ce que nous appelons en consultation « One Health » : animal de compagnie-foyer-santé publique.
Dans la toxocarose humaine, les agents zoonotiques confirmés comprennent T. canis (chien) et T. cati (chat). Savoir « qui est qui » aide à cibler la prévention : vermifugation + hygiène + contrôle des sols/sables où jouent les enfants.
Source : https://www.cdc.gov/dpdx/toxocariasis/index.html CDC
Chez les chats qui présentent des symptômes, ceux-ci peuvent inclure de la fièvre, de l’apathie, de la diarrhée ou des signes respiratoires ou neurologiques, en particulier en cas d’immunosuppression. L’importance du Toxoplasma réside principalement dans son impact sur l’homme : chez les femmes enceintes qui n’ont pas été en contact avec le parasite auparavant, l’infection peut provoquer des fausses couches ou des malformations fœtales. Cependant, il est essentiel de clarifier un point essentiel : la contamination ne se fait pas en caressant un chat, mais par contact avec des excréments félins frais sans hygiène adéquate ou par la consommation d’aliments contaminés. Et voici l’information qui change la donne en matière de prévention : le CDC (2025) explique que les oocystes éliminés par le chat ont besoin de 1 à 5 jours dans l’environnement pour sporuler et devenir infectieux, et que l’élimination dure généralement de 1 à 3 semaines. Ce détail est essentiel pour éviter les abandons inutiles et rassurer les familles, selon la page CDC DPDx – Toxoplasmosis (mai 2025). Dans le même ordre d’idées, le CAPC souligne que ces oocystes peuvent survivre « des mois, voire des années » dans l’environnement, d’où l’importance de la gestion du bac à litière et du sol/jardin.
Chez Eurovet, nous proposons des conseils préventifs personnalisés aux femmes enceintes, en leur enseignant des mesures simples mais efficaces qui permettent de cohabiter avec des chats sans aucun risque : éviter de manipuler le bac à litière sans gants, le nettoyer quotidiennement (avant que les oocystes ne deviennent infectieux), bien cuire la viande et toujours respecter une hygiène rigoureuse. Si possible, il est recommandé qu’une autre personne du foyer se charge du nettoyage du bac pendant la grossesse et d’éviter de jardiner sans gants sur des sols où des chats ont pu déféquer. Une cohabitation responsable et bien informée est la clé pour éliminer les craintes injustifiées.
Les protozoaires intestinaux sont discrets, mais ils peuvent provoquer des maladies persistantes, des troubles chroniques et une transmission familiale, avant même d’être détectés. Renforcer la prévention, l’hygiène et les contrôles vétérinaires élimine ce risque et protège la santé de tous ceux qui cohabitent avec nos animaux. Ne pas ignorer les diarrhées chroniques, tenir à jour un calendrier de visites de contrôle et demander des analyses spécifiques lorsque le vétérinaire le recommande sont des mesures essentielles pour tenir à distance ces « ennemis invisibles ».
ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites) (2019) – Infection à Giardia chez les chiens et les chats (fiche d’information) – ESCCAP – Document technique de référence décrivant le cycle biologique de Giardia, son caractère immédiatement infectieux, les mesures d’hygiène environnementale et la recommandation de laver les textiles à ≥60 °C comme pilier du contrôle.
https://www.esccap.org/uploads/docscdikjk78_1056_ESCCAP_Giardia_Fact_Sheet__Spanish_v2.pdf
ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites) (2019) – Giardia infection in dogs and cats (Fact Sheet) – ESCCAP – Fiche d’information officielle détaillant la forte résistance environnementale des kystes, la faible dose infectieuse et l’importance du contrôle environnemental dans les foyers et les collectivités.
https://www.esccap.org/link-document/178/
Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (2025) – Toxoplasmosis – CDC, DPDx – Ressource officielle expliquant le cycle de Toxoplasma gondii, y compris le fait essentiel que les oocystes nécessitent 1 à 5 jours pour devenir infectieux et que l’excrétion féline dure généralement 1 à 3 semaines.
https://www.cdc.gov/dpdx/toxoplasmosis/index.html
Companion Animal Parasite Council (CAPC) (2025) – Toxoplasma gondii – Guidelines – CAPC – Guide clinique résumant la survie prolongée des oocystes dans l’environnement et les principales recommandations préventives pour les animaux et les personnes.
https://capcvet.org/guidelines/toxoplasma-gondii/
Companion Animal Parasite Council (CAPC) (2025) – Coccidia – Guidelines – CAPC – Synthèse des données épidémiologiques montrant de larges fourchettes de prévalence des coccidies, avec un impact particulier sur les chiots et les animaux vivant en collectivité.
https://capcvet.org/guidelines/coccidia/
Epe, C., Rehkter, G., Schnieder, T., Lorentzen, L., Kreienbrock, L. (2010) – Giardia chez les chiens et les chats symptomatiques en Europe – Résultats d’une méta-analyse – Parasitologie vétérinaire – Méta-analyse européenne estimant des prévalences groupées proches de 15,2 % chez les chiens et de 12 % chez les chats présentant des symptômes digestifs.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0304401710003481
Mateo, M., Montoya, A., Martínez-Carrasco, C., et al. (2023) – Prevalence and public health relevance of enteric parasites in dogs and cats from Spain – Parasites & Vectors – Étude épidémiologique identifiant Giardia comme le protozoaire le plus fréquent chez les chiens (40,9 %) au sein de la population étudiée.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10650246/
Ilić, T., Kulišić, Z., Antić, N., et al. (2021) – Prevalence of intestinal parasites in dogs from public shelters – Veterinary Parasitology – Travail démontrant une prévalence significativement plus élevée de Cystoisospora chez les jeunes chiens (20 %) par rapport aux adultes (4,9 %) dans les chenils.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33930631/
Jańczak, D., Sroka, J., Karamon, J., et al. (2025) – Prevalence of Giardia duodenalis genetic assemblages in dogs and cats in Europe – Parasites & Vectors – Revue documentant des taux de prévalence extrêmement variables en Europe, allant de moins de 1 % à plus de 50 %, selon la population et la technique de diagnostic.